février 24, 2008 par elsekampf
Ne rien vous cacher, j’ai longtemps hésité avant de prendre la plume. Quoi écrire, quoi dire que vous ne sachiez déjà ? Que les morts n’ébranlent plus la conscience des vivants, que les vivants sont souvent plus morts que les morts, que le martyre est devenu une nouvelle forme de vie, qu’il accompagne notre quotidien, nous tient compagnie dans les moments de détresse, qu’on y trouve même des motifs d’espoir… avant que la notice nécrologique ne s’allonge d’un nouveau nom.
Quoi écrire que vous ne soupçonniez déjà ? Que la « libanité » dont ils s’enorgueillissent si fort, qu’ils brandissent bien haut n’est qu’une « libanité » de pacotille, qu’elle est assujettie à leurs ambitions, aux alliances nouées sur les décombres du Liban-message.
Un Liban, monnaie d’échange dans le jeu cruel des grandes puissances, une pièce maîtresse dans le bras de fer irano-américain, dans la nouvelle guerre froide entre la Russie et l’Occident. Un mouchoir de poche qu’on utilise, essore et vide de sa substance, et qu’on renvoie à ses vieux démons une fois accomplie la mission qui lui a été dévolue.
En arrière-plan, dans un théâtre de comparses, des pantins désarticulés continuent de balayer du vent, livrent des batailles « donquichottesques » et tournent en dérision les constantes, les constituantes qui font la grandeur d’une nation.
Infortuné Liban pris dans le tourbillon de la realpolitik, qui s’imagine encore être le centre du monde alors qu’il n’est plus que le centre de convergence de tous les conflits régionaux.
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février 3, 2008 par elsekampf
Parmi les ouvriers qui oeuvraient dans cette galerie de charbon, appelée communément “Tunnel”, se trouvaient Elias Mbarak Aoun, et ses copains.
Une créature forte, carrée, trapue, le sourire aux lèvres, les sourcils ficelés, le ventre pansu, et les muscles torsadés.L’autre, Elias Francis Aoun; le frère de Youssef Francis Aoun dit Abou Âtif.
Ainsi, un jeune adolescent qui commençait à voir ses muscles se ciseler, voulut se mesurer à la force primitive d’Elias Mbarak Aoun; dit Abou Tanos. Ce dernier, sans réaliser véritablement sa puissance, d’un tour de bras, embrassa le jeune homme, qui portait alors une pêle, et le serra si fort contre lui, que le manche se brisa et alla se planter dans ses côtes.
Sous la force du choc, l’adolescent tomba par terre, évanoui, et depuis, plus aucun jeune villageois, n’osa affronter le téméraire Abou Tanos, mort depuis.
Les vies s’envolent, mais les écrits restent.
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janvier 27, 2008 par elsekampf
Une mère vient de se faire opérer de la cataracte.Son fils lui téléphone pour avoir de ses nouvelles:
“c’est bizarre,lui dit-elle,depuis cette intervention, des poches se sont installées sous mes yeux!”,je pense que le chirurgien s’y est mal pris.
Et son fils chéri de lui répondre:
” Mais non ,maman, c’est juste qu’avant tu ne les voyais pas!”
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janvier 20, 2008 par elsekampf
Moustapha est installé rue Hamra à Beyrouth. Tout en sirotant son thé, téléphone à Yacov
- Allô, Yacov? Oui, ici c’est Moustapha. Je vous appelle pour vous dire que, dès demain, je vous déclare la guerre!
- Ah bon? Et dites-moi, vous êtes combien?
- Hé bien on est trois. Y’a moi, mon oncle Aboud ,mon cousin de Baalbeck qui est en visite, puis la Mercedes 180 pour vous attaquer.
- Ah ah, hé bien nous, on peut vous envoyer 300 soldats et 100 chars pour combattre. Vous voulez toujours faire la guerre?
- Bon, on va réfléchir, et on vous appelle demain.
Le lendemain, Moustapha reprend son téléphone.
- Oui, bon ben finalement, on a discuté, on vous déclare la guerre dès demain!
- Et vous êtes combien?
- J’ai discuté avec les gens de la rue, on va être 300, et puis on a 4 Mercedes 180 et même une 190! On va vous écraser!
- Et moi, je peux vous envoyer 30000 hommes et 500 chars. Vous voulez toujours vous battre?
- Tayyeb, je vous rappelle demain.
Le lendemain, donc…
- Là, j’ai tout le quartier: on va venir à 3000 et on a 50 «services»! On va vous laminer!
- Ah ah! Moi, je vous envoie 300000 hommes et 5000 chars. Vous voulez encore vous battre?
Le lendemain, Moustapha le rappelle.
- Cette fois, vous allez vraiment prendre une déculottée. J’ai demandé à tout le monde: on est 20000 et on a 300 Mercedes!
- Bon, dans ce cas, je peux vous envoyer un million de soldats! Vous voulez toujours faire la guerre?
Moustapha réfléchit un instant, et répond:
- Ben non, finalement, on ne peut pas faire la guerre.
- Ah ah, un million de soldats, c’est ça qui vous fait reculer, n’est-ce pas?
Oui, ya‘neh, un million de vos soldats, ici on n’est pas équipés pour s’occuper d’autant de prisonniers
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janvier 6, 2008 par elsekampf
Rien qu’une larme dans tes yeux
rien qu’un souffle bleu dans ta vie 
rien qu’un battement dans ton coeur
rien qu’une flamme dans tes rêves
rien qu’un champ rose de prières
pour un Liban libre et meilleur.
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décembre 16, 2007 par elsekampf
In Arabic, the most beautiful thing a person can be compared to is the moon. Saying a woman or man is like the moon is equivalent to saying in English that they have the beauty of a Greek god/dess.
- A vivid image is the expression “dawwa rasse”, “my head lit up (like a lightbulb)”. It’s used for stupefying situations, be it amazement, utter confusion, shock, or a strong reaction (”I saw that he had managed to wreck the car in the garage, my head lit up and even the neighbours could hear me yelling”).
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décembre 16, 2007 par elsekampf
The Lebanese language is remarkably graphic. It is abundantly punctuated by expressions whose zaniness appears afresh when we stop and think about what they mean. I received a joke yesterday called “a Lebanese telling his adventure in English”, that was deliberately stuffed with such expressions, translated into English. This motivated me to write this article. I added a few things to the joke; I’ll let you read it all before translating it into proper English and giving you the story behind each expression.
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décembre 9, 2007 par elsekampf
Les Maknouniais et les Maknouniaises ne craignaient pas que le ciel leur tombât sur la tête, non, ce qu’ils redoutaient le plus , c’était l’ouverture de l’une de ces portes du troglodyte.
Une fois ouvertes, les portes ne se refermaient qu’après le décès de nombreux villageois, c’était comme si ce cimetière était affamé d’âmes, et n’était rassasié que par de multiples enterrements, lesquels hélas s’avérèrent nombreux vers 1985.
Aujourd’hui encore malgré cette espèce de sortilège, et bien qu’on ait construit un nouveau cimetière plus bas, ce dernier demeure de mise.
A dimanche prochain pour reprendre notre vie à El Maknounièh.
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décembre 2, 2007 par elsekampf
Chucrallah Aoun,
que Dieu ait son âme!, dont les os reposent aujourd’hui en paix, en cette sépulture , avait participé dans les années 80 au nettoyage de ce lieu symbolique.Il se présente sous deux galeries ouvertes avec deux portes , mesurant entre 8 ou 10 ms de largeur.
Il semblerait que devant l’une des ouvertures, à l’intérieur, on trouva un trou profondément creusé , qui aurait été comblé par le sable et les dépôts d’ossuaires. D’après une vieille légende, on laisserait entendre qu’une ancienne tombe renfermerait un trésor, d’après notre locuteur, et le témoignage de ses compères; Hanna Youssef Aoun, Youssef Semaan et d’autres villageois.
Bien d’autres récits légendaires nous attarderont sur ce cimetière, et ce sera l’objet de notre prochaine visite.
Bon voyage!
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