Moustapha est installé rue Hamra à Beyrouth. Tout en sirotant son thé, téléphone à Yacov
- Allô, Yacov? Oui, ici c’est Moustapha. Je vous appelle pour vous dire que, dès demain, je vous déclare la guerre!
- Ah bon? Et dites-moi, vous êtes combien?
- Hé bien on est trois. Y’a moi, mon oncle Aboud ,mon cousin de Baalbeck qui est en visite, puis la Mercedes 180 pour vous attaquer.
- Ah ah, hé bien nous, on peut vous envoyer 300 soldats et 100 chars pour combattre. Vous voulez toujours faire la guerre?
- Bon, on va réfléchir, et on vous appelle demain.
Le lendemain, Moustapha reprend son téléphone.
- Oui, bon ben finalement, on a discuté, on vous déclare la guerre dès demain!
- Et vous êtes combien?
- J’ai discuté avec les gens de la rue, on va être 300, et puis on a 4 Mercedes 180 et même une 190! On va vous écraser!
- Et moi, je peux vous envoyer 30000 hommes et 500 chars. Vous voulez toujours vous battre?
- Tayyeb, je vous rappelle demain.
Le lendemain, donc…
- Là, j’ai tout le quartier: on va venir à 3000 et on a 50 «services»! On va vous laminer!
- Ah ah! Moi, je vous envoie 300000 hommes et 5000 chars. Vous voulez encore vous battre?
Le lendemain, Moustapha le rappelle.
- Cette fois, vous allez vraiment prendre une déculottée. J’ai demandé à tout le monde: on est 20000 et on a 300 Mercedes!
- Bon, dans ce cas, je peux vous envoyer un million de soldats! Vous voulez toujours faire la guerre?
Moustapha réfléchit un instant, et répond:
- Ben non, finalement, on ne peut pas faire la guerre.
- Ah ah, un million de soldats, c’est ça qui vous fait reculer, n’est-ce pas?
Oui, ya‘neh, un million de vos soldats, ici on n’est pas équipés pour s’occuper d’autant de prisonniers